féminisme grivois
Femmes & Féminisme

Féminisme grivois

Une semaine après, on prend les mêmes en on recommence. Difficile de changer de sujet et de passer à autre chose quand tous mes réseaux sociaux débordent de nouveaux articles souvent informatifs, parfois cyniques sur le harcèlement et l'affaire Weinstein. 

Le petit commentaire de cette chère Christine Boutin (ce serait bien d'arrêter Madame merci) qui associe allègrement harcèlement et grivoiserie m'a fait bondir hors de mes baskets.

Quel est le rapport, Madame Boutin ? 

J'ai donc eu envie d'explorer un peu le sujet de la grivoiserie et du rapport que nous avons, nous autres pécheresses, à cette forme d'humour et de bonhomie un peu grasse. 

La grivoiserie kézako ? 

Soyons d'abord précis sur les termes. Hors de question de passer à côté du sujet par manque de clarté. Larousse, encore une femme tiens donc, définit le terme "grivois" ainsi : Qui est libre et hardi sans être obscène ; égrillard, licencieux.

(Si vous voyez le rapport avec le harcèlement et le viol faites-moi signe parce que j'ai toujours du mal). La grivoiserie c'est donc la quintessence de l'esprit franchouillard, gras, drôle pour certains et un peu vulgaire; quelque chose de bien ancré dans l'esprit français et qui nous fait tous plus ou moins rire.

Féminisme grivois

Ce que sous-entend Madame Boutin, c'est que la grivoiserie est quelque chose de réservé aux hommes et à l'encontre des femmes. En vertu de quelle conception arriérée de la féminité considère-t-on que la femme ne peut pas être tout aussi franchouillarde que ses compères masculins ? Que l'humour gras est réservé uniquement aux hommes et que nous devons nous contenter d'un sourire gêné à la mention d'une paire de seins ou de coït ?

Les femmes peuvent tout à fait être aussi grivoises que les hommes et avoir l'humour gras. Notre sexe ne nous condamne pas au raffinement et à la poésie; nous avons le droit d'être vulgaires, nous avons le droit de rire de blagues lourdes sur les femmes mais aussi sur les hommes. 

La féminité aujourd'hui n'est pas le silence et le raffinement, c'est la liberté et l'expression, le droit de crier et de rigoler très fort à des blagues très grasses; le droit d'être grivoises, comme nos compères masculins, si l'envie nous en prend. 

Lourdeur et décadence

Attention néanmoins à ne pas confondre ; coucou Madame Boutin, l'humour et le rire avec le harcèlement moral. Tout est question de consentement et d'appréciation.

Prenons un exemple simple: faire des blagues un peu graveleuses avec votre collègue de boulot devant la machine à café en riant à gorge déployée: GRIVOISERIE. Subir les "blagues" déplacées de vos collègues sur votre décolleté : HARCÈLEMENT. Rien de sorcier en soi. 

Mesdames, nous ne sommes pas tenues d'être distinguées, nous ne sommes pas tenues d'être réservées. Libérez-vous de cette conception arriérée et osez dire tout haut ce que vous pensez parfois tout bas. Soyez grivoises. 

féminisme grivois

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